A L’EPREUVE DE LA FOI, LA FOI A L’EPREUVE

Publié le par le mejiste

A L’EPREUVE DE LA FOI, LA FOI A L’EPREUVE

 

 

Les textes liturgiques de ce 24ème dimanche du Temps Ordinaire, posent une préoccupation existentielle : la foi. En posant le postulat que ce mot ait pu perdre de sa substance au fil des traductions, il convient de convoquer l’Hébreu, langue primaire de la tradition biblique. En hébreu, le mot ‘’foi’’ prend encrage dans ‘’ferme’’ et ‘’s’appuyer sur’’.

 Et cette étymologie du mot ‘’foi’’ suscite une définition dynamique dans Hébreux 11,1 : « la foi, c’est s’accrocher à ce qu’on espère, c’est la certitude des choses qu’on ne voit pas ». C’est au nom de cette même conviction que Jésus nous pose à travers ses disciples, la question fondamentale suivante : pour vous, qui suis-je ? En fait, nous ne voyons pas le Christ de qui nous tirons notre espérance à un salut absolu et pourtant, nous avons une certitude sans faille de cette rédemption. C’est ici que doit se débrider le nœud du message de ce jour. La relation avec Dieu, va au-delà de l’observance des pratiques relevant de la loi religieuse. C’est un principe divin et donc immuable, il n’y a pas de foi véritable en l’absence de la mise en œuvre de tous les contours des exigences de justice et d’attention aux prochains tel que le recommande cette même loi. Au nom de ce principe sacro-saint, Jacques peut affirmer à juste titre qu’il : « n’y a pas de foi, sans les œuvres ».

 

 En plus clair, il s’agit de comprendre qu’il est bien plus question, d’actes inspirés par l’amour plutôt que de pratiques religieuses imposées. Dès lors, l’Apôtre Paul rejoint Jacques quand il écrit en Galates 5,6 que : « la foi opère par l’amour ». Ainsi est corroborée la vérité évangélique stipulant que : « tous, nous serons jugés sur l’amour » et cette la raison pour laquelle : « celui qui prétend aimer Dieu qu’il ne voit pas alors qu’il hait son frère avec qui il vit, est un menteur ». S’il est aussi vrai qu’on : « reconnait l’arbre à ses fruits », la foi ou si l’on le veut bien, l’amour indécrottable pour celui dont Pierre parle en ces termes : « Tu es le Messie », ne peut nullement s’affranchir des œuvres qui la justifient. Le Christ lui-même n’a-t-il pas dit que : « ce ne sont pas ceux qui diront Seigneur, Seigneur qui entreront dans le Royaume des Cieux, mais ceux qui feront la volonté de mon Père ? ». Or, « la volonté de mon Père, c’est que tous soient un comme mon Père et moi sommes un », ajoute Jésus. On peut donc comprendre pourquoi toute l’histoire des hommes est une histoire d’amour et pour quoi, Dieu qui est au cœur de cette histoire, a élevé l’amour au premier rang de toute la loi qu’il a prescrite à l’humanité. Dans cette perspective, Jean Jacques Rousseau, certainement l’un des humains les plus éclairés claironne que : « l’obéissance à la loi qu’on s’est soi-même prescrite, est liberté ». A l’image de ce contrat social, entrons résolument dans la mouvance d’un contrat spirituel nouveau, débarrasser des scories d’une foi désincarnée.

 

 La foi désarticulée, celle là même qui nous pousse à passer le clair de notre temps à sacrifier les rites religieux tout en restant de marbre face aux misères de ce monde. La foi, la vraie, c’est celle qui donnent des mains, des pieds, des oreilles, des yeux et de la sensibilité à nos cœurs pour nous rendre disposés à distraire tant soit peu, notre attention vers la quête d’une justice sociale partagée.

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