LA MYSTIQUE DE L'EVANGELISATION

Publié le par le mejiste

48895 100000172545302 6423 n

 

La vocation première de tout homme qui aspire à se mettre à la suite du Christ, c’est d’être missionnaire. Mais cette vocation est bien souvent foulée aux pieds au profit d’intérêts particuliers au détriment de ceux que porte notre incorporation à la vie du maître de ce ministère. La problématique de l’ordination sans mandat pontifical d’un Evêque en Chine le 6 juillet est symptomatique du malaise qui déchire le monde de l’annonce de l’Evangile. Cette question porte la base critique de la méditation de ce jour en ce sens que le Seigneur lui-même nous enseigne aujourd’hui qu’on est missionnaire par élection exceptionnelle de Dieu en personne. Nous n’appartenons à l’ordre des missionnaires qu’en vertu d’un décret divin et non en fonction d’une inspiration ès qualité, c’est-à-dire en tant qu’ayant des qualités spéciales en la matière. Ce n’est encore moins ex cathedra pour dire qu’être Chrétien ne suffit pas pour être infaillible et donc s’arroger le statut de prophète. C’est au nom de ce principe divin que les communautés de Foi issues de la vague salutaire du Renouveau Charismatique n’échappent pas au crible du discernement critique de nos pères Evêques qui sont investis de l’autorité de cette élection en union avec l’Esprit Saint. Le fait est qu’il y a comme des velléités de rupture de banc ou de schisme de certaines communautés en vue de l’émergence de nouvelles sur l’autel de la promotion d’un égo exacerbé.

En considérant avec le Pape Benoit XI que : « L’Eglise n’est pas un groupe de personnes parfaites, mais une communauté de pécheurs qui reconnaissent qu’ils ont besoin de la miséricorde de Dieu », il convient de comprendre qu’il faut bâtir des mégastructures spirituelles. Cependant, la réaction des hommes face à un processus de changement est désespéramment lente. C’est ainsi que la détermination des autorités de l’Eglise à règlementer la pratique du message kérygmatique fait face à un déni quasi-total correspondant à une réfraction. Pourtant sous l’onction de l’Esprit Saint, les Chrétiens feront de façon définitive, le deuil de cette attitude sectaire, avant d’aboutir à la phase de négociation d’un changement de comportement

 

dans un nouveau contrat social. Ce nouveau bail spirituel commande de : « ne rien emporter pour la route, si ce n’est un bâton, de n’avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans la ceinture ».

A en croire cette recommandation du Christ, la cupidité s’impose en ennemie jurée de l’exercice de la mission du prophète.

Or, l’Apôtre Saint Paul nous dit dans la seconde lecture que Dieu nous a choisis depuis toujours : « En lui, il nous a choisis depuis la création du monde… ».

Le Chrétien est le ‘’soldat de l’Evangile’’ sachant que le destin immédiat de celui-ci, c’est la mort. En effet, dans soldat, il y a solde qui vient de solder qui signifie, vendu à vil prix, bazardé. Etre missionnaire n’est donc pas un jeu d’enfant, mais une porte grandement ouverte à la persécution voire même à la mort. Ainsi, l’amour vrai de l’Evangile peut conduire à ma perte, et pourtant : « malheur à moi, si je n’annonce pas l’Evangile », ainsi que l’affirme Saint Paul, doit être le moteur de notre action, puisque comme le disait le Christ : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ». En clair, Chrétiens missionnaires plutôt que mercenaires.

Commenter cet article