LE BONHEUR : COMMENT LE DISCERNER ?

Publié le par le mejiste

48895 100000172545302 6423 nEn parcourant la liturgie de ce 14ème dimanche du Temps Ordinaire, une pensée du père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne me revient : « Le vrai bonheur, on ne l’apprécie que lorsqu’on l’a déjà perdu ».

Voila une des nombreuses sagesses qui ont bercé notre adolescence aux heures de grandes audiences du journal télévisé dans son format majeur de 20 heures. Aujourd’hui dans l’Evangile, Jésus paye le prix de sa proximité avec les hommes de son pays qui le trouvent trop simple, débordant d’humilité pour être capable de faire leur bonheur. Ce peuple Juif est hélas, la copie conforme de celui demeurant en terre d’Eburnie pour qui bonheur et plaisir semblent sémantiquement tellement si proches que dans l’imaginaire collectif et populaire, l’atteinte du point d’achèvement du premier est inféodée à la quête frénétique du second.

 

Ainsi, le plaisir dans son approche la plus triviale à savoir la luxure est un indicateur objectivement vérifiable de la praxis sociale. Toute la cosmogonie culturelle ivoirienne en est ainsi infestée jusqu’à la moelle à un point tel qu’il (le plaisir) a fini par devenir le point d’orgue de sa codification. Dorénavant, l’identité visuelle remarquable de la société ivoirienne, c’est la perversion arrimée au fallacieux prétexte que l’on veuille coûte que coûte, vaille que vaille aboutir à son bonheur. Cette obsession pour le plaisir, ce bonheur matériel éphémère, se conjugue au trio maléfique, nommé snobisme-acculturation-impatience. C’est au nom de ce snobisme, cette tendance à paraitre dans le but de faire comme les autres et ainsi être traités de bonnes gens, que l’on refuse ce qui est proche de nous. On peut alors voir des Catholiques quittant des quartiers de standing modeste pour les hauts standings pour une Messe. Là bas, c’est chic et surtout chèque avec un aréopage d’hommes civilisés et stylés, alors qu’ici, c’est choc mais c’est encore l’époque primitive.

Chez nous, on ne connait pas les bonnes manières, c’est l’âge de la pierre taillée, il faut aller rechercher les parrains de baptême en Chine, en Alaska, au Tibet si ce n’est au Groenland sur les terres polaires. La vierge Marie se fait plus présente à Lourdes, Fatima ou à Medugorje, ici en Côte d’Ivoire où se trouve certainement l’un des plus beaux sanctuaires de l’univers Catholique, nos supplications sont bloquées par l’insalubrité et les glissements de terrain d’Attécoubé. Certains Prêtres sont plus charismatiques que leurs confrères, il faut donc les traquer jusque dans leurs cachettes les plus retranchées. Mon grand père de joyeuse mémoire se plaisait à me dire cette pensée tout aussi grivoise que pleine de sens : « on ne tue pas commerçant pour faire commerce ».

En cela, il faut comprendre que le message de Dieu poursuivra son chemin en dépit du rejet de ses serviteurs puisque la seconde lecture affirme que la force de l’Apôtre réside dans sa faiblesse. Nous sommes malheureusement dans cette société injustement qualifiée de moderne, au paroxysme de l’acculturation, ce rejet systématique de notre identité culturelle pour en épouser d’autres dont les tenants et les aboutissants nous échappent.

Nous éconduisons nos Pasteurs sur l’autel de notre impatience endémique chronique, sans savoir que : « A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes ». Il n’y a pas de couronne au snobisme spirituel car : « Charity begins at home » pour dire que la charité bien ordonné commence par soi-même.

 

Sœurs et frères, tuons en nous le tartufe, ce personnage pétri d’hypocrisie saillante, se couvrant de religion et affichant une dévotion et une vertu profonde dans le but de séduire son entourage et d’en tirer profit.

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clovis simard 25/10/2012 01:49

Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.7- THÉORÈME COSMOLOGIQUE. -La naissance du temps.